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 Charles Geiss 1916-2007

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Christine
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Localisation : Wangen
Nombre de messages : 2103
Date d'inscription : 07/12/2008

MessageSujet: Charles Geiss 1916-2007   Dim 15 Fév 2009 - 13:38

Ce n'est pas sans émotion que j'ouvre aujourd'hui cette page sur Monsieur Charles Geiss que j'appréciais beaucoup pour sa grande gentillesse,sa manière de partager sans compter ses tranches de vie passionnantes et hors du commun et sa façon de se mettre naturellement à la portée de tous malgré son grand âge (il faisait un bel effort chaque fois qu'il me rencontrait pour parler en français sans jamais me reprocher de ne pas comprendre l'alsacien:c'est assez rare pour le souligner).
Grâce aux documents,photos et publications conservés par sa famille,nous pouvons retracer ici une partie du formidable parcours d'un personnage si attachant.



Charles est né le 23 Juillet 1916 à WANGEN au foyer de GEISS Georges et de Émilie SCHNEIDER. C’est l’unique garçon d’une famille de six enfants. Son père, tailleur de métier du village lui transmet à partir de 14 ans son savoir faire. Jusqu’à sa mobilisation, en 1937, il exerce ce métier dans son paisible village natal et déjà il joue de la trompette dans l’Harmonie de WANGEN, qui lui tient toujours à cœur et dont il assura la présidence pendant de longues années.




Le 1er Septembre 1937 il est incorporé au 155 ème Régiment de Forteresse à SEDAN ou il reste jusqu’à la déclaration de guerre en 1939.






Les Allemands envahissant la France par la Belgique il est dirigé vers le front pour prendre position derrière la Meuse .Commence alors pour lui « la drôle de guerre ». En effet dans un premier temps, tous les officiers d’active de son régiment sont remplacés par des officiers de réserve qui, évidemment ne connaissent ni les hommes ni le matériel. Dans la débâcle aucune coordination n’est visible.




Et voici que Charles voit arriver dans le lointain les premiers chars allemands chargés de fantassins, en n’ayant pour se défendre et défendre la Patrie qu’un fragile trou de tranchée à flan de colline et son mousqueton. Les communications étant coupées avec l’artillerie, celle ci reste muette. Alors son capitaine décide de retourner lui même à la position des artilleurs pour leur donner les coordonnées de tir, mais il revient précipitamment après avoir constaté que la position a été abandonnée et ordonne de décrocher. Charles a eu chaud, les chars allemands étaient à moins de 500 mètres.
Passant derrière la crête de la colline à travers la position des artilleurs, il remarque que les culasses étaient enlevées mais que les canons étaient entiers. Bien plus tard, en 1995, à REIMS, lors d’une sortie avec la musique il rencontra l’un des artilleurs qui avait tenu cette position et qui lui confirma avec émotion qu’il avait lui même fait sauter les canons.
Alors commence son repli sur plus de 400 km jusqu’à la Loire. «  Nous marchions par petits groupes de 3 ou 4 soldats, un matin en me réveillant , je me retrouvais tout seul, complètement désorienté ».Finalement il arrive en Charente à CONFOLENS Petite ville entre ANGOULEME et LIMOGES, ne pouvant presque plus marcher, souffrant d’une verrue plantaire. C’est dans cette ville qu’il se fait opérer à l’hôpital mixte. Il était soigné par des sœurs auxquelles il rendait de menus services et qui lui évitaient les contrôles du médecin chef.
D’ailleurs c’est la qu’il rencontra Gustave OSTERMANN de WANGEN, blessé à la tête, et qu’il aurait pu rencontrer sa future épouse dont la famille était évacuée de SARREGUEMINES dans les environs d’ANGOULEME.
De nouveau apte au service il est incorporé dans un groupe de travailleurs puis démobilisé le 28 Février 1941 à ANSAC– SUR VIENNE ( Charente ).
Ne voulant pas rentrer à WANGEN où il aurait sans doute été incorporé de force dans la WEHRMACHT, il décide de rejoindre NIMES où vivait sa sœur Emma avec sa famille. Celle-ci travaillait à l’époque chez le pasteur BOEGNER, président des protestants de France. Pendant une année il travaille dans différentes entreprises pour finalement aller fin 1942 à MONT LOUIS dans les Pyrénées orientales comme garde des voies de communication.



Les gardes étaient en uniforme avec un grand béret basque et devaient surveiller les ouvrages ( ponts et tunnels ) le long de la voie ferrée entre MONT LOUIS et PERPIGNAN.



C’est là qu’il côtoie les premiers maquisards et ferme les yeux sur leurs activités. Il se rappelle l’hiver 43-44 où il y eut tellement de neige que les gardes devaient passer par les fenêtres pour sortir de leurs baraquements, les portes étant bloquées.



Au printemps 1944 il demande sa mutation à LEROUVILLE ( Meuse ) en zone occupée, une grande gare de triage surveillée conjointement par des gardes allemands et français.
Il donne le change en ne parlant que français et ceci le moins possible. Les gardes allemands commencent à soupçonner ses origines, sa décision est vite prise. Étant déjà en contact avec le maquis par l’intermédiaire d’un garde forestier, il décide de passer dans le maquis au bout de 2 mois dans cette gare. Le moment venu, il actionne la sirène d’alarme anti-aérienne, enfourche son vélo en emportant les revolvers des gardes et rejoint les maquisards.
Bien plus tard, marié et établi à COSSWILLER, un garde forestier du triage l’interpelle et lui dit: « Il me semble te connaître, mais oui c’est Charles , c’est toi qui est venu nous rejoindre au maquis à LEROUVILLE ».Les circonstances , les hasards de la vie permirent ainsi aux deux maquisards d’évoquer leurs souvenirs.
Pendant les quatre mois de sa vie de maquisard, il participe à de nombreuses embuscades et au harcèlement quotidien des forces allemandes, l’armement leur parvenant par parachutage.
Les allemands effectuaient des patrouilles à l’intérieur de la forêt en prenant le maire en otage, celui-ci devait marcher devant. D’ailleurs une fois, assurant seul une liaison, il faillit se faire surprendre, au dernier moment il a pu se jeter derrière un tronc d’arbre, la patrouille passe, la chance lui a sourit.
La pression allemande devenant trop forte suite à l’avancée des alliés, le maquis passe en zone libre par UCKANGE et MAISON NEUVE après nettoyage de la zone de percée.





Engagé volontaire pour la durée de la guerre le 1/9/1944 à MARVILLE ( Meurthe et Moselle ), il est affecté au 1er Régiment de PARIS, 2ième bataillon, 5 ième compagnie ( colonel FABIEN ) en tant que sergent NICOLAS. La première préoccupation du régiment étant le recrutement des maquisards.
A partir du 20 septembre 1944, il effectue tous les jours des coups de main, sans uniforme, décidé à ne pas se faire prendre, il note sur son calepin de poche:

26/9/44—Départ de HAYANGE à la pointe du jour, position à environ 300 m des boches.

27/9/44—Attaque d’une patrouille d’une position allemande, une vingtaine de boches tués, pour nous 1 mort , 2 blessés.
à 21 h - le sergent MASSENET, le soldat RONSAR et le soldat DEPRESKI font 3 prisonniers allemands au cours d’une patrouille, 1 s/officier et 2 soldats, récupération de 2 mitraillettes, 1 mauser et une paire de jumelles. En retour ils ont essuyé une attaque. Nuit calme coupée de quelques rafales de mitraillettes
Nuit— quelques obus, une patrouille partie pour miner la ferme tenue par les boches a du se replier sous le feu des armes automatiques allemandes.
28/9/44—Matin : nous sommes arrosés par des mortiers et des obus de 77, aucune perte. Attaque de notre corvée de ravitaillement par une patrouille d’environ 10 allemands qui ont sûrement eut des blessés, (traces de sang) , pour nous 1 blessé; la nuit arrosage de mortier . En fin de nuit, des bruits de moteur en direction de la ferme JALLY.

30/9/44—Nuit calme, rafales de mitrailleuse, un chariot venu à la ferme, patrouille boche en lisière de forêt. tir d’artillerie sur la ferme de JALLY 140 m trop court

Reconnaissance de patrouille sur position ennemie, tranchée boche à 200 m devant nous , Après midi: relève par les américains, départ sur ROMBAS, nuit passée à ROMBAS.
8/10/44—Départ pour RICHEMONT, position au bord de la Moselle.
9/10/44— nombreuses patrouilles de part et d’autre
11/10/44—vers 20 h feu de mitraille sur une )patrouille boche avancée vers nos lignes.





Le 12/01 1945 Charles est muté au 151 ième RI , au 2 ième bataillon 5 ième compagnie. Il est transféré la nuit par camions derrière le canal du RHONE au RHIN pour finalement combattre dans la poche de COLMAR.




Durant cette période, étant de corvée de ravitaillement avec des camarades, ils passent par une clairière réputée sûre , lorsqu’un coup de feu claque. Son compagnon est tué sur le coup, par reflexe il se jette à terre et rampe se mettre à l’abri. Un autre soldat voulant prêter main forte est également tué par une balle en pleine tête, sans doute par le même tireur.
Vers le 25 mars le régiment est transféré de nuit dans la région de GERMERSHEIM, DE LATTRE ayant eu l’ordre de franchir le RHIN, supervise personnellement l’opération.
A cet endroit, le Rhin large de 250 m est difficilement abordable, la rive boisée allemande étant défendue par une ligne de casemates et de blockhaus.
Le 31 mars le 151ème est à pied d’œuvre, à 4h45 le tir d’artillerie se déclenche, les hommes de la 5e compagnie, dont fait partie Charles, arrivent près des embarcations, il y en a douze, qui viennent d’être mises à l’eau. Les hommes entrent dans l’eau jusqu’au ventre et embarquent par groupes de huit. Dans le Rhin navigable les moteurs sont mis en marche mais seulement 2 ou 3 sur 12 partent facilement et passé le premier instant de surprise, l’artillerie allemande se déclenche. Deux bateaux sont coulés, les autres refluent vers leur point de départ. La première tentative a échoué.
Vers midi, nouvel ordre, il faut passer coûte que coûte. Les hommes se dirigent vers les nouveaux bateaux en passant devant l’autel des aumôniers: Charles leur demande: vous partez avec nous? Ils répondent non , du coup il ne prend pas l’hostie et se dit que la journée risque d’être chaude, d’autant que les soldats avaient eu droit a un quart d’alcool qu’il a trouvé infect.
L’effet de surprise étant passé, les pilotes lancent les moteurs des douze bateaux et se dirigent vers la rive opposée sous un déluge de fer et de feu. Des embarcations sont crevées et s’échouent, d’autres , soit que leur pilote ait été tué, soit que leurs moteurs aient été rendus inutilisables, s’en vont au gré du courant. Deux bateaux ont pourtant réussi à toucher la rive allemande, les pertes y sont sévères, les survivants , dont Charles, débarquent avec le Lt Calligaris. Ils escaladent le talus pour prendre position, le voisin de Charles est blessé au pied, il le bande quand lui même est touché à l’omoplate gauche. Il tombe le nez dans l’herbe et ne peut plus bouger. Il sera évacué dans la nuit après que le régiment ait réussi à forcer le passage et sera opéré à l’hôpital 425 ou 300 blessés sont traités.
Charles se réveille le lendemain à l’hôpital, il ne peut plus bouger et presque pas respirer. Le 6 avril il est dirigé sur l’hôpital de MUTZIG ( pendant son transfert il passe par la gare de WANGEN) ou il reste 3 jours . De MUTZIG il rejoint l’hôpital de NERIS LES BAINS ( Allier)
Le 11 décembre 1945 il rejoint son régiment à St AVOLD pour être démobilisé en mars 1946 et retourne à WANGEN pour y exercer son métier de tailleur.




1946


Merci à Charles Geiss (fils) pour le partage des photos et documents bibliographiques.
Le récit ayant été recueilli par Herbert Schwartz.


Dernière édition par Christine le Dim 15 Fév 2009 - 16:30, édité 2 fois
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Christine
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MessageSujet: Re: Charles Geiss 1916-2007   Dim 15 Fév 2009 - 16:17

Charles Geiss se marie en juin 1947 avec Catherine Hihn,ils auront huits enfants,sept garçons et une fille.
Le couple habite Cosswiller de 1947 à 1957 avant de construire leur maison à Wangen et de s'y installer définitivement.
D'une grande disponibilité Charles Geiss sera toujours prêt à s'impliquer et s'engager au service de sa commune.
Il revient à la musique harmonie après 20 ans d'absence , en deviendra le vice président puis le président.
Il sera également pompier,trésorier du club sportif de Wangen de 1966 à 1983,responsable des collectes de sang jusqu'en 2001(il avait alors 84 ans!),délégué des anciens combattants de Wangen,membre du club d'épargne de la Wangenmuhl et bien entendu adjoint au maire de 1971 à 1989....





Charles Geiss au corso fleuri de Wasselonne avec la grosse caisse



Charles Geiss en moine avec les cymbales (moins lourdes il avait 80 ans).





80 ième anniversaire




85 ème anniversaire



La relève chez les trompettistes le jour de son 85 ème anniversaire avec Guillaume son petit fils,au centre..


Monsieur et Madame Charles Geiss ont eu la joie d'avoir 12 petits enfants.
Monsieur Charles Geiss nous a quitté le 6 novembre 2007 à l'âge de 91 ans.
Madame Catherine Geiss est très entourée par ses enfants et ses petits enfants...dont
une grande partie vit à Wangen.


Merci à Charles Geiss(fils) pour le partage des photos et des données bibliographiques.
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guytounet
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MessageSujet: Re: Charles Geiss 1916-2007   Lun 16 Fév 2009 - 8:00

Je ne sais que dire après ce long parcours de la famille Charles Geiss,
je n'ai pas raté une seule ligne et contemplé toutes les photos avec le
plus grand plaisir et admiration.
Merci a Monsieur Charles père qui au travers de ce récit est toujours
parmi nous.Merci aussi a son fils pour tous les documents qui lui sont
très certainement précieux et qu'il partage avec nous.
Amicalement
Guy
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Wangemer67520
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MessageSujet: Re: Charles Geiss 1916-2007   Mar 17 Fév 2009 - 1:42

Un homme très apprécié de tous pour sa grande générosité de coeur et d'esprit!
Merci de le faire réapparaitre ici.
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Christine
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MessageSujet: Re: Charles Geiss 1916-2007   Sam 7 Mar 2009 - 21:31



Fête de la fontaine 2006

Monsieur Charles Geiss à l'aube de ses 90 ans...
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Charles Geiss 1916-2007
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